Au trente de la rue Où-l’on-Meurt
On tente de faire taire les rumeurs
Sur toutes ces livraisons de fleurs
Et ces histoires de main d’ma sœur
Au trente de la rue Où-l’on-Meurt
L’attente des heures qui suivent les heures
Qui pèse et ronge comme une tumeur
Tue tout aussi sûrement qu’ailleurs
Sur toutes ces livraisons de fleurs
Et ces histoires de main d’ma sœur
Au trente de la rue Où-l’on-Meurt
L’attente des heures qui suivent les heures
Qui pèse et ronge comme une tumeur
Tue tout aussi sûrement qu’ailleurs
v
Au quarante, rue des Hauts-le-Cœur
On se lamente sur l’âme sœur
Qui s’est égarée par erreur
Dans un dédale où se perdrait Icare
Au quarante, rue des Hauts-le-Cœur
En attendant des jours meilleurs
Les soupentes peuvent entendre les pleurs
Couvrir les rires d’orgues barbares
On se lamente sur l’âme sœur
Qui s’est égarée par erreur
Dans un dédale où se perdrait Icare
Au quarante, rue des Hauts-le-Cœur
En attendant des jours meilleurs
Les soupentes peuvent entendre les pleurs
Couvrir les rires d’orgues barbares
v
Mais on oublie
Qu’en face
Là, juste sur le trottoir d’en face
On se moque du quart comme du tiers
Des malheurs que d’autres s’infligent
A trop vouloir revivre hier
Et que la vie
En face
Est vécue par des moins dégueulasses
Qui savent dire je t’aime chaque seconde
Alors que rien ne les y oblige
Simplement parce qu’ainsi va le monde
Au cinquante de la rue des Voleurs
On s’donne rendez-vous à douze heures
Pour repartir à quatorze heures
Ça mérite bien de sauter un repas
Au cinquante de la rue des Voleurs
Madame enfin se donne sans peur
Madame a trouvé le bonheur
Ça mérite bien de quitter papa
Au soixante, rue des Pue-la-Sueur
On vit de mensonges et de leurres
Tout ce qui compte c’est le bonheur
Le vrai, celui qu’on éjacule
Au soixante, rue des Pue-la-Sueur
C’est le royaume des ramoneurs
Parfois même on se sert du beurre
Pour mieux faire passer la pilule
Mais on oublie
Qu’en face…
Au vingt-et-un, rue des Divorces
Les êtres s’arrachent leur écorce
A se griffer de toutes leurs forces
Jusqu’à ce qu’enfin vraiment ça saigne
Au vingt-et-un, rue des Divorces
On s’insulte, on s’acharne, on s’efforce
Pas grâve si c’est devant les gosses
C’est la folie, la haine qui règnent
Mais on oublie
Qu’en face…




