Cette année, le printemps des poètes a pour thème “Les mots de la rencontre”, avec dix mots proposés autour desquels écrire. Visage, s’attabler, toi, rhizome, passerelle, palabre, tact, boussole, apprivoiser, jubilatoire. Dans ma commune, un atelier d’écriture était proposé où nous nous sommes “rencontrés” pour partager nos sensations devant la feuille. J’insèrerai un lien lorsqu’il sera disponible pour retracer le travail de chacun d’entre nous.
Je n’ai rien appris, vois et ris aux malheurs qui m’accablent
N’était-ce qu’un accident ?
Je vis à Gisors, pâle, abruti de douleurs, enlisé dans mes sables
Je bous, solliloque
Ça t’a blessé ? Que je fuis de ce jus. Bile. A toi, refaire ta vie
Je ne suis plus que loques
Toi t’as qu’tes rêves, à ta blessure, passent réelles envies
Rends compte, renais !
Nous nous sommes rencontrés, nous nous sommes aimés.
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De la rencontre de toi et moi
Où j’ai cru un moemnt t’apprivoiser
Alors que bien sûr, de toi à moi
Je me suis évidemment laissé dompter
Bien que n’ayant rien de sauvage
D’amour j’étais tant affamé
Me suis nourri de ton visage
A ton corps me suis attablé
Toi, mon moteur, ma seule raison
Ma boussole, ma passerelle vers la vie
Mon passeport pour chaque saison
Dont’acte, sans palabre tu pars, et c’est avec lui.
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Après que nous nous sommes rencontrés
Après que nous nous sommes aimés
Après avoir tenté de nous apprivoiser
Après, vois-y ce que nous en avons fait
Je sais qu’aujourd’hui tu ris aux mots
Dans le village de ma vie, tu dodelines
T’opines en bourg
Je sais aussi que tu ris aux tôt
Matins de ton âge qui te rendent sublime
Et auxquels j’aimerai rester sourd
Je m’asperge et me flagelle
Me bats avec mes propres verges
Mais ne peux imaginer celle
Que je pourrais emmener sur mes berges
Qui et pourquoi devrai-je renverser
Gentiment, doucement aliter
Ou bien plus rudement malmener
Attablée, allongée, moi tentant de gagner
Gagner quoi ? Je ne me ferais que mal
Et ne saurais lui procurer nul bien
Car je t’ai tout donné
Et tu as tout pris, rien que de plus normal
Et pour ma peine je n’ai plus rien
Car tu as tout gardé.
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Avec tact, pouvoir enfin vous courtiser
Avec tact, savoir vous dire votre beauté
Avec tact, vouloir de moi tout vous donner
Avec tact, vous faire danser la javanaise
Avec tact, malmener votre langue française
Avec tact, vous mettre dans mon assiette anglaise
Avec tact, vous montrer l’endroit où je couche
Avec tact, vous emmener dessous la douche
Avec tact, tout exiger de votre bouche
Avec tact, tendrement, de mes doigts caresser
Avec tact, sagement dégrafer puis griffer
Avec tact, doucement vous prendre, vous culbuter
Avec tact, vous faire mourir de vous aimer
Avec tact, vous faire souffrir de mes baisers
Avec tact, vous faire jouir par la pensée
Avec tact, crier votre nom sur les toits
Avec tact, hurler ma douleur, mes émois
Avec tact, parvenir à vous appeler toi.




